Le Soir Bruxelles – 15 jui. 2018
Page 29

Un an après son lancement, c’est l’heure du premier bilan pour DigitYser, espace dédié à l’entrepreneuriat numérique ouvert sous l’impulsion de la Région et de plusieurs partenaires privés à un jet de pierre du canal, dans les anciens bureaux de Publicis (2.000 m 2 ), mis à disposition par le propriétaire actuel, la Sofina. Avec 9 locataires stables, le centre fait aujourd’hui valoir un taux d’occupation de 45 %, jugé satisfaisant par ses fondateurs. En plus de fonctionner comme un accélérateur de start-up, le lieu a également vocation à servir de point de ralliement de la culture tech à Bruxelles. « On a fait plus de 200 événements en un an et on a accueilli plus de 2.500 personnes, qui sont venues suivre une formation ou qui ont partagé leurs compétences lors d’un workshop » explique Philippe Van Impe, CEO de DigitYser.

Financièrement, les premiers pas de ce « club-house » de l’économie digitale bruxelloise sont aussi plutôt encourageants. Un budget en équilibre et des premières rentrées significatives devraient progressivement permettre à DigitYser de se détacher des subsides qui lui sont actuellement accordés. La Région a en effet mis 400.000 euros sur la table pour accompagner le projet dans ses trois premières années. Après, il faudra se débrouiller sans. Actuellement, les start-up qui occupent les lieux sont hébergées contre un loyer modique de 150 euros par mois. C’est donc surtout du côté des grandes entreprises que DigitYser fait son beurre, en leur louant des espaces pour leurs événements privés. « On va chercher l’argent là où il est, pas chez les jeunes qui démarrent », poursuit Philippe Van Impe.

Blockchain et réalité augmentée

Plantée au dernier étage du bâtiment, Hive Blockchain Society est une petite ASBL tournée autour de la blockchain, technologie de stockage et de transmission d’informations sécurisée fonctionnant de manière décentralisée, de plus en plus utilisée dans le domaine de la finance et des cryptomonnaies (dont le Bitcoin est le plus illustre représentant). Pensée à la fois comme un think tank visant à promouvoir les avantages de cette technologie (au travers d’événements et de conférences) et comme un service de conseil à destination de projets centrés autour de la blockchain, l’ASBL entend bientôt passer à la vitesse supérieure en mutant vers un modèle de société coopérative. « Actuellement, on ne se rémunère pas encore, mais ça devrait très bientôt changer » explique Nicolas Claise, community manager de Hive, alors que celle-ci vient de décrocher un premier client.

Un étage plus bas, les choses se profilent plutôt bien également pour la jeune société Altheria Solutions. Tournée vers la réalité virtuelle et augmentée, qu’elle a choisi de mettre au service de la transmission de savoirs (elle a notamment mis au point un programme permettant de visualiser en 3D des formules de physique), celle-ci est en passe de faire ses premiers pas sur le marché. « Le fait d’être ici et d’avoir un lieu où travailler nous a permis d’obtenir notre premier contrat » explique Cyprien De Barros, fondateur de la start-up. Et pour cause, la société s’apprête à finaliser un deal avec le parlement européen, pour lequel elle mettra au point un logiciel permettant de visualiser et de lire un livre virtuel grâce à un casque de réalité augmentée.

ARTHUR SENTE

X
X